As-salāmu ʿalaykum, je porte des tresses avec des rajouts. Dois-je les défaire quand je fais le ghusl ?
Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.
Résumé de la réponse
On ne défait pas ses tresses pour le ghusl. On les presse et on les remue pour que l’eau pénètre jusqu’à la racine. Il faut les défaire si elles sont serrées au point d’empêcher l’eau de passer, ou si elles sont nouées avec de nombreux fils.
Le sperme qui sort après le ghusl est traité dans la réponse #269, et les prières faites sans le ghusl dû dans la réponse #270.
Détail de la réponse
Les tresses
Khalīl ibn Isḥāq (m. 776 H) compte parmi les obligations du ghusl :
« وتخليل شعر وضغث مضفوره لانقضه »
« Faire pénétrer l’eau dans les cheveux, et presser ceux qui sont tressés, sans les défaire. » (Mukhtaṣar, p. 23)
Ad-Dardīr (m. 1201 H) explique ce geste et en donne la limite :
« (وَضِغْثٌ مَضْفُورَةٌ) أَيْ مَضْفُورُ الشَّعْرِ أَيْ جَمْعُهُ وَضَمُّهُ وَتَحْرِيكُهُ لِيُدَاخِلَهُ الْمَاءُ وَالرَّجُلُ وَالْمَرْأَةُ فِي ذَلِكَ […] سَوَاءٌ […] (لَا) يَجِبُ (نَقْضُهُ) أَيْ حَلُّهُ مَا لَمْ يَشْتَدَّ بِنَفْسِهِ أَوْ ضُفِّرَ بِخُيُوطٍ كَثِيرَةٍ وَكَذَا بِخَيْطٍ أَوْ خَيْطَيْنِ مَعَ الِاشْتِدَادِ لَا مَعَ عَدَمِهِ »
« Presser les cheveux tressés, c’est les rassembler, les serrer dans la main et les remuer pour que l’eau y pénètre, et l’homme et la femme sont égaux en cela […]. Il n’est pas obligatoire de les défaire, tant qu’ils ne sont pas serrés d’eux-mêmes ou tressés avec de nombreux fils ; de même avec un ou deux fils s’ils sont serrés, mais non s’ils ne le sont pas. » (ash-Sharḥ al-kabīr, 1/134)
Il en découle trois cas :
- Tresses souples, sans fil ou avec un ou deux fils : on ne les défait pas. On verse l’eau, on presse et on remue les tresses jusqu’à ce qu’elle atteigne le cuir chevelu.
- Tresses serrées au point que l’eau ne passe pas : on les défait, avec ou sans fil.
- Tresses nouées avec de nombreux fils : on les défait.
Les rajouts, tissages ou extensions tressés serré, qui empêchent l’eau d’atteindre la racine, relèvent des deux derniers cas. Ad-Dardīr ajoute qu’il faut aussi faire parvenir l’eau aux replis du corps, nombril, fissures de la peau et paupières enfoncées (ash-Sharḥ al-kabīr, 1/134). Pour le déroulé complet du ghusl, voir la réponse #12.
Note. Ad-Dasūqī (m. 1230 H) rapporte d’Abū ʿImrān et d’autres que la mariée dont la coiffure a été préparée pour ses noces passe la main mouillée sur ses cheveux au lieu de les laver, pour ne pas perdre la dépense engagée (Ḥāshiyat ad-Dasūqī, 1/134). C’est une facilité transmise dans l’école pour ce cas précis.
En pratique
- Tresses souples : pressez-les et remuez-les sous l’eau sans les défaire. Tresses serrées ou nouées de nombreux fils, rajouts qui bloquent l’eau : défaites-les.
Allah sait mieux.