As-salāmu ʿalaykum, pendant les tarāwīḥ, notre imam lit dans le muṣḥaf, et certains fidèles le suivent avec un muṣḥaf à la main. Est-ce permis ?
Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.
Résumé de la réponse
L’imam peut lire dans le muṣḥaf s’il le fait dès le début de la prière. Regarder le muṣḥaf au milieu d’une prière commencée de mémoire est réprouvé. Le fidèle qui prie derrière l’imam écoute, et tenir un muṣḥaf pour le suivre est déconseillé.
Le nombre de rakʿas des tarāwīḥ est traité dans la réponse #137.
Détail de la réponse
Lire dans le muṣḥaf
Mālik l’a permis à l’imam. La Mudawwana rapporte :
« وَقَالَ مَالِكٌ: لَا بَأْسَ بِقِيَامِ الْإِمَامِ بِالنَّاسِ، فِي رَمَضَانَ فِي الْمُصْحَفِ […] قَالَ: وَقَالَ مَالِكٌ: لَا بَأْسَ بِأَنْ يَؤُمَّ الْإِمَامُ بِالنَّاسِ فِي الْمُصْحَفِ فِي رَمَضَانَ وَفِي النَّافِلَةِ. قَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: وَكَرِهَ ذَلِكَ فِي الْفَرِيضَةِ »
« Mālik a dit : il n’y a pas de mal à ce que l’imam dirige les gens dans la prière de nuit de Ramaḍān en lisant dans le muṣḥaf […]. Mālik a dit : il n’y a pas de mal à ce que l’imam dirige les gens en lisant dans le muṣḥaf en Ramaḍān et dans la prière surérogatoire. Ibn al-Qāsim a dit : et il l’a réprouvé dans la prière obligatoire. » (al-Mudawwana, 1/288)
Celui qui prie de mémoire et doute d’un mot n’a pas la même permission. Selon la même page, Mālik ne lui permettait pas de regarder le muṣḥaf posé devant lui. Ibn al-Qāsim expliqua la différence avec l’imam qui lit dans le muṣḥaf : « لِأَنَّ هَذَا ابْتَدَأَ النَّظَرَ فِي أَوَّلِ مَا قَامَ بِهِ », « parce que celui-ci a commencé à regarder dès le début de sa prière » (al-Mudawwana, 1/288). Khalīl ibn Isḥāq (m. 776 H) range ainsi parmi les choses réprouvées « نَظَرٌ بِمُصْحَفٍ فِي فَرْضٍ أَوْ أَثْنَاءَ نَفْلٍ لا أوله », « lire dans le muṣḥaf dans une prière obligatoire, ou au milieu d’une prière surérogatoire, et non dès son début » (Mukhtaṣar, p. 39). Ad-Dardīr (m. 1201 H) en donne la raison, « لِكَثْرَةِ الشُّغْلِ بِذَلِكَ », « à cause de l’occupation que cela entraîne », et ajoute qu’au début de la prière surérogatoire il n’y a pas de réprobation, « لِأَنَّهُ يُغْتَفَرُ فِي النَّفْلِ مَا لَا يُغْتَفَرُ فِي الْفَرْضِ », « car on tolère dans le surérogatoire ce que l’on ne tolère pas dans l’obligatoire » (ash-Sharḥ al-kabīr, 1/316).
Nous appliquons la même règle à la tablette posée sur un support devant l’imam : il lit dessus dès le début, ou ne la regarde pas.
Le fidèle qui suit l’imam avec un muṣḥaf
Les textes de l’école parlent de celui qui récite. Le fidèle derrière l’imam, dans une prière à voix haute, n’a pas à réciter. Son rôle est d’écouter. Tenir un muṣḥaf l’occupe des mains et du regard pendant toute la prière. C’est précisément la raison qu’ad-Dardīr donne à la réprobation (« لِكَثْرَةِ الشُّغْلِ »). Et le fidèle n’en tire pas le bénéfice qui justifie la permission pour l’imam. Nous le déconseillons donc. Celui qui est chargé de reprendre l’imam s’il se trompe peut se placer derrière lui avec un muṣḥaf ouvert dès le début de la prière, pour ce rôle seulement.
En pratique
- Imam, si vous lisez dans le muṣḥaf, faites-le dès le début de la prière.
- Fidèle, écoutez l’imam sans muṣḥaf à la main.
Allah sait mieux.