As-salāmu ʿalaykum, pour mon mariage, on veut m’offrir une montre en or et une cravate en soie. Un homme peut-il porter de l’or ou de la soie ?
Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.
Résumé de la réponse
L’or et la soie naturelle sont interdits à l’homme pubère, en vêtement comme en bijou, et permis à la femme. Une alliance en or, même fine, ou un objet porté dont une partie est en or, n’est pas permis à l’homme. Seul un usage médical, comme une couronne dentaire, fait exception.
Pour la soie, seul un liseré étroit est toléré. Une cravate en soie naturelle n’est pas permise. Une cravate en fibre synthétique l’est.
La bague en argent, sa matière et le doigt où la porter sont traités dans la réponse #264.
Détail de la réponse
L’or et la soie interdits à l’homme
Abū Mūsā al-Ashʿarī rapporte que le Prophète ﷺ a dit :
« حُرِّمَ لِبَاسُ الْحَرِيرِ وَالذَّهَبِ عَلَى ذُكُورِ أُمَّتِي وَأُحِلَّ لِإِنَاثِهِمْ »
« Le port de la soie et de l’or a été interdit aux hommes de ma communauté et permis à leurs femmes. »
At-Tirmidhī (n° 1720), qui le rapporte, le juge « ḥasan ṣaḥīḥ ». Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 H) le reprend dans ar-Risāla :
« ونهى الرسول ﵇ الذكور عن لباس الحرير وتختم الذهب وعن التختم بالحديد ولا بأس بالفضة في حلية الخاتم والسيف والمصحف … ويتختم النساء بالذهب »
« Le Messager ﷺ a interdit aux hommes de porter la soie et la bague en or, ainsi que la bague en fer. Il n’y a pas de mal à l’argent pour orner la bague, le sabre et le muṣḥaf. […] Les femmes portent des bagues en or. » (ar-Risāla, p. 156-157)
An-Nafrāwī (m. 1126 H), commentateur égyptien de la Risāla, précise deux choses. Pour les hommes pubères, cette interdiction est une prohibition ferme, par consensus des savants. Elle couvre aussi tout or, même mêlé à un autre métal : « حُرْمَةُ التَّخَتُّمِ بِالذَّهَبِ شَامِلَةٌ لِلْخَالِصِ وَلِمَا بَعْضُهُ فِضَّةٌ » (« l’interdiction de la bague en or couvre l’or pur et l’or mêlé d’argent », al-Fawākih ad-dawānī, 2/308).
Khalīl (m. 776 H) ajoute dans son Mukhtaṣar, après avoir permis la bague en argent : « لا ما بعضه ذهب ولو قل » (« non la bague dont une partie est en or, même petite », p. 17). L’or blanc reste de l’or, et il est donc interdit à l’homme.
Les exceptions de nécessité
Khalīl permet à l’homme l’or et l’argent pour un usage médical, comme une prothèse de nez ou la fixation d’une dent : « والأنف وربط سن مطلقا » (« le nez [prothèse] et la fixation d’une dent, avec l’un ou l’autre métal », p. 17). Al-Kharashī explique que c’est « مِنْ بَابِ التَّدَاوِي » (« au titre du soin », 1/99). Une couronne dentaire en or est donc permise.
Ce qui est toléré de la soie
La Risāla dit : « وكذلك العلم في الثوب من الحرير إلا الخط الرقيق » (« de même [la divergence] sur la bande de soie dans le vêtement, sauf le liseré fin », p. 157). An-Nafrāwī précise que le liseré plus étroit qu’un doigt est permis par consensus, et qu’une bande d’un à quatre doigts fait l’objet de deux avis, permission et réprobation (2/308).
En pratique
- L’alliance en or, jaune, rose ou blanc, est interdite à l’homme. Votre épouse peut porter la sienne en or. Pour la bague de l’homme, voir la réponse #264.
- La montre, les boutons de manchette, la chaîne ou le stylo en or sont interdits à l’homme.
- La cravate, la chemise ou l’écharpe en soie naturelle sont interdites, et la soie synthétique (polyester, viscose) est permise. Un liseré fin de soie est toléré.
- Pour les garçons non pubères, an-Nafrāwī rapporte trois avis sur l’or et la soie. Al-Ḥaṭṭāb retient que l’or et la soie leur sont réprouvés, et que l’argent leur est permis. Évitez-leur donc l’or et la soie.
- Pour un soin, la dent ou la prothèse en or est permise.
Allah sait mieux.