Fiqh

Les quatre signes qui montrent qu’un imām connaît le fiqh de la prière

Sommaire
  1. Les quatre signes de la compréhension de l’imām
  2. Les deux premiers, la rapidité dans le takbīr d’entrée et dans le salām final
  3. Entrer dans le miḥrāb après l’iqāma
  4. Écourter l’assise du premier tashahhud
  5. Autres recommandations pour l’imām
  6. Questions fréquentes
  7. Pour aller plus loin

Comment reconnaître qu’un imām connaît le fiqh de la prière ? Un poème sur les analogies (nadhāʾir) réunit quatre signes : la rapidité du takbīr d’entrée et du salām final, l’entrée dans le miḥrāb après l’iqāma, et une assise courte au premier tashahhud. Voici leur explication dans l’école mālikite.

Les quatre signes de la compréhension de l’imām

Si tu veux savoir si ton imām est un connaisseur du fiqh et des règles de la prière ou pas, examine-le à la lumière de ces quatre signes que notre maître, Sīdī ʿAbd al-Salām ibn al-Ṭayyib al-Qādirī al-Ḥasanī, a réunis dans sa urjūza sur les analogies (nadhāʾir).

Il dit, qu’Allah lui fasse miséricorde, dans le chapitre des signes qui permettent de reconnaître le fiqh de l’imām :

Quatre choses comptent parmi la compréhension de l’imām :
La rapidité dans le takbīr d’entrée en prière, et la rapidité dans le salām final,
Le fait d’entrer dans son miḥrāb une fois l’iqāma faite,
Et de faire court dans la position assise du premier tashahhud.

C’est-à-dire que ce sont là quatre points par lesquels on reconnaît la compréhension de l’imām et sa maîtrise des règles de la prière. S’il s’y conforme, cela témoigne de sa connaissance des sunan et des bonnes pratiques de l’imāma.

Les deux premiers, la rapidité dans le takbīr d’entrée et dans le salām final

Cela signifie que l’imām doit être rapide lorsqu’il prononce le takbīrat al-iḥrām (l’entrée en prière) et lorsqu’il prononce le salām (la salutation finale) à la fin de la prière. Il ne doit pas allonger ces formules exagérément, en disant par exemple : “Allaaaaahou akbar” ou “Assalaaaaam ʿalaykoum”. Malheureusement, cette erreur est répandue à cause de l’imitation aveugle de certains imāms célèbres dans des mosquées renommées, mais c’est une erreur.

Quant à la rapidité dans le takbīr d’entrée, c’est pour éviter que le ma’mūm (celui qui suit l’imām) ne le devance ou ne l’achève en même temps que lui, ce qui invaliderait sa prière. C’est ce que les fuqahāʾ (juristes) appellent les cas de “devancer”, “simultanéité” et “conformité” (musābaqa, musāwaqa, musāwāt)

Sidī Khalīl, qu’Allah lui fasse miséricorde, dit dans son Mukhtaṣar :

« Et la conformité dans le takbīr d’entrée et le salām ainsi que la simultanéité, même en doutant, invalident la prière, sauf dans le cas de la simultanéité exacte (qu’il le fasse en même temps juste après le début du takbir de l’imam). »

Cela signifie que le maʾmūm doit accomplir chacune de ces actions après que l’imām les ait terminées. Sinon, la prière est invalidée si le maʾmūm devance l’imām, ne serait-ce que d’une lettre, ou s’il commence en même temps que lui, que la terminaison soit avec ou avant ou après lui.

Il y a ainsi six cas, comme le précise l’Imām al-Zurqānī.

Si le maʾmūm précède son imām d’une lettre, sa prière est également annulée s’il termine avant l’imām.

Mais s’il termine avec lui ou après lui, sa prière reste valide.
Ainsi, il y a sept cas où la prière est invalide et deux où elle reste valide. Les neuf cas s’appliquent à la fois au takbīr d’entrée et au salām, que cela soit fait volontairement ou par ignorance, de façon absolue.

De même, l’imām doit être rapide dans le salām final pour éviter que le maʾmūm ne le partage avec lui, ce qui annulerait sa prière.

Entrer dans le miḥrāb après l’iqāma

“Le fait d’entrer dans son miḥrāb après que l’iqāma ait été proclamée”

C’est-à-dire que l’imām ne doit entrer dans son miḥrāb (place de prière) qu’après que l’iqāma ait été proclamée, et non rester debout à attendre avant cela, car cela pourrait être une porte ouverte à l’orgueil et la vanité, ou à la distraction des fidèles.

L’Imām al-Kharshī dit dans son Sharḥ al-Mukhtaṣar :

« Il est recommandé pour l’imām de retarder légèrement le début de la prière après l’iqāma, juste le temps que les rangs se mettent en place. C’est l’une des règles par lesquelles on reconnaît la compréhension de l’imām. »

C’était la pratique du Prophète ﷺ, des pieux prédécesseurs et des imāms : ils entraient dans le miḥrāb à la suite de l’iqāma et sortaient rapidement après la prière.

Dans Ṣaḥīḥ Muslim, ʿĀʾisha rapporte que le Prophète ﷺ, lorsqu’il terminait la prière, ne restait assis que le temps de dire :

« Ô Allah, Tu es la Paix, et de Toi vient la paix. Béni sois-Tu, ô Toi, Détenteur de majesté et d’honneur. »

اللَّهُمَّ أَنْتَ السَّلَامُ وَمِنْكَ السَّلَامُ تَبَارَكْتَ يَا ذَا الْجَلَالِ وَالْإِكْرَامِ

Ibn Yūnus al-Ṣiqillī rapporte d’Ibn Wahb, d’après Khārija, que ce dernier réprouvait les imāms qui s’attardaient après le salām, et disait :

« Les imāms, lorsqu’ils terminaient la prière, se levaient aussitôt. »

Et l’Imām Mālik dit dans al-Mudawwana :

« Lorsqu’il a terminé la prière, qu’il se lève et ne s’attarde pas, sauf s’il est en voyage ou chez lui. »

Écourter l’assise du premier tashahhud

“Et de faire court dans la position assise du premier tashahhud”

Cela signifie que l’imām doit écourter la position assise du premier tashahhud et la rendre légère, car telle est la sunna.
Le Prophète ﷺ allégeait cette position, comme s’il était assis sur des pierres brûlantes, selon certains hadiths.

Cela est différent du dernier tashahhud, où il est recommandé de prolonger l’assise.

Référence du ḥadīth des « pierres brûlantes » (raḍf) : rapporté d’après Abū ʿUbayda, de son père ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, par exemple chez Ibn al-Mundhir (al-Awsaṭ, 3/209) ; Ibn ʿAbd al-Barr le cite dans al-Kāfī (1/205). Références retrouvées dans Shamela.

Autres recommandations pour l’imām

On peut ajouter à ces quatre points encore quelques recommandations :

  • Que la première rakʿa soit plus longue que la seconde.
  • Qu’il couvre sa tête et place un manteau sur ses épaules.
  • Qu’il ne dise pas “āmīn” à voix haute avec les maʾmūmīn après la Fātiḥa.
  • Qu’il ne prononce pas la basmala dans les prières obligatoires.
  • Qu’il ne récite pas le qunūt dans le witr.
  • Qu’il évite de réciter les versets comportant une prosternation dans la prière obligatoire (pour éviter la confusion pour les gens qui penseront qu’il faut faire le rukū’)

S’il est également khaṭīb (prédicateur) :

  • Qu’il salue les fidèles à sa sortie de la chambre d’attente, et non après être monté sur le minbar.
  • Qu’il écourte le sermon et allonge la prière (tout en notant que, dans nos pays et à notre époque, il est préférable de ne pas trop allonger la prière afin de ne pas retarder les étudiants ou les travailleurs pour qu’ils rejoignent leurs études ou leur travail).
  • Qu’il tienne une canne dans sa main droite.
  • Qu’il ne lève pas les mains lors des invocations de la khutba.

Questions fréquentes

Quels sont les quatre signes de la compréhension de l’imām ?

La rapidité dans le takbīr d’entrée, la rapidité dans le salām final, l’entrée dans le miḥrāb une fois l’iqāma faite, et une assise courte au premier tashahhud.

Pourquoi l’imām ne doit-il pas allonger le takbīr et le salām ?

Pour éviter que celui qui le suit ne le devance ou ne le fasse en même temps que lui, ce qui invaliderait sa prière.

L’assise du premier tashahhud doit-elle être longue ?

Non : l’imām doit l’écourter, contrairement au dernier tashahhud où il est recommandé de la prolonger.

Pour aller plus loin

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