Question n° 276 · Prière

Jumuʿa : un autre que le khaṭīb peut-il diriger la prière ?

Réponse selon l'école mālikite · Lecture : 2 min

As-salāmu ʿalaykum, dans notre mosquée, le vendredi, celui qui a fait le sermon ne dirige pas toujours la prière, et un autre frère prend sa place. Notre jumuʿa est-elle valide ?

Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.

Résumé de la réponse

Pour la jumuʿa, celui qui a prononcé le sermon dirige la prière, sauf excuse survenue. Si un autre la dirige sans excuse, la jumuʿa n’est pas valide selon l’avis retenu.

L’ordre de priorité pour diriger les autres prières est exposé dans la réponse #140.

Détail de la réponse

La jumuʿa dirigée par un autre que le khaṭīb

Khalīl (m. 776 H) compte parmi les conditions de validité que l’imam soit celui qui a prononcé le sermon, « وَبِكَوْنِهِ الْخَاطِبَ إلَّا لِعُذْرٍ », « et qu’il soit celui qui a fait le sermon, sauf excuse ». Ad-Dardīr (m. 1201 H) précise de quelle excuse il s’agit :

« أَيْ يُشْتَرَطُ فِيهِ أَنْ يَكُونَ مُقِيمًا وَأَنْ يَكُونَ هُوَ الْخَاطِبَ (إلَّا لِعُذْرٍ) طَرَأَ عَلَيْهِ بَعْدَ الْخُطْبَةِ كَجُنُونٍ وَرُعَافٍ مَعَ بُعْدِ الْمَاءِ فَيُصَلِّي بِهِمْ غَيْرُهُ وَلَا يُعِيدُ الْخُطْبَةَ (وَوَجَبَ انْتِظَارُهُ لِعُذْرٍ قَرُبَ) زَوَالُهُ »

« C’est-à-dire qu’il est exigé de l’imam qu’il soit résident et qu’il soit celui qui a fait le sermon, sauf excuse survenue après le sermon, comme la folie ou un saignement de nez alors que l’eau est loin. Un autre dirige alors la prière, sans refaire le sermon. Et il faut l’attendre si l’excuse doit cesser bientôt. » (ash-Sharḥ al-kabīr, 1/378)

Une maladie, un malaise ou une perte des ablutions du khaṭīb permettent donc à un autre de diriger. Un simple partage des tâches, sans excuse, ne le permet pas, et la jumuʿa ainsi faite n’est pas valide selon l’avis retenu de l’école.

Un cas se présente dans les mosquées qui tiennent deux jumuʿa successives. Le khaṭīb qui a déjà dirigé la première ne peut pas diriger la seconde, car Ibn Abī Zayd écrit dans ar-Risāla : « وَمَنْ صَلَّى صَلَاةً فَلَا يَؤُمُّ فِيهَا أَحَدًا », « celui qui a fait une prière ne dirige personne dans cette même prière » (al-Fawākih ad-dawānī, 1/211). La seconde jumuʿa doit donc avoir son propre khaṭīb, qui la dirige lui-même. Lorsque la première jumuʿa a lieu avant l’heure du dhuhr, elle n’est de toute façon pas valide, comme l’explique la réponse #107.

Celui qui a prié des jumuʿa dirigées par un autre que le khaṭīb, sans excuse, prie le dhuhr à leur place selon le mashhūr, et rattrape les dhuhr passés selon la méthode de la réponse #21. Pour un nombre important de semaines, demandez l’avis d’un mufti.

En pratique

  • Le vendredi, celui qui prêche dirige la prière, sauf empêchement survenu.

Allah sait mieux.

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