Question n° 288 · Omra et Ḥajj

Peut-on faire le ṭawāf après le ṣubḥ ou après le ʿaṣr ?

Réponse selon l'école mālikite · Lecture : 2 min

As-salāmu ʿalaykum, notre groupe arrive à Makkah à l’aube et nous ne pourrons aller au Ḥaram qu’après le ʿaṣr. Pouvons-nous faire le ṭawāf de la Omra à cette heure, alors que la prière surérogatoire y est déconseillée ?

Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.

Résumé de la réponse

Après le ṣubḥ et le ʿaṣr, Mālik permet de faire un seul ṭawāf ; on retarde alors les deux rakʿa jusqu’après le lever du soleil ou le coucher du soleil. Enchaîner plusieurs ṭawāfs à ces heures est déconseillé. Le ṭawāf est donc permis aussi pour le groupe qui arrive à l’aube et ne peut aller au Ḥaram qu’à l’heure du ʿaṣr.

Les deux rakʿa qui suivent le ṭawāf obligatoire sont obligatoires (voyez la réponse #289). Pour le ṭawāf fait à l’étage, voyez la réponse #195.

Détail de la réponse

Le ṭawāf après le ṣubḥ et après le ʿaṣr

L’imam Mālik (m. 179 H) rapporte dans al-Muwaṭṭaʾ que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb fit le ṭawāf après la prière du ṣubḥ, vit que le soleil n’était pas levé, se mit en route et pria ses deux rakʿa à Dhū Ṭuwā (al-Muwaṭṭaʾ, 1/368). Puis il dit :

« وَلَا بَأْسَ أَنْ يَطُوفَ الرَّجُلُ طَوَافًا وَاحِدًا، بَعْدَ الصُّبْحِ وَبَعْدَ الْعَصْرِ، لَا يَزِيدُ عَلَى سُبْعٍ وَاحِدٍ. وَيُؤَخِّرُ الرَّكْعَتَيْنِ حَتَّى تَطْلُعَ الشَّمْسُ. كَمَا صَنَعَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ. وَيُؤَخِّرُهُمَا بَعْدَ الْعَصْرِ، حَتَّى تَغْرُبَ الشَّمْسُ، فَإِذَا غَرَبَتِ الشَّمْسُ صَلَّاهُمَا إِنْ شَاءَ. وَإِنْ شَاءَ أَخَّرَهُمَا، حَتَّى يُصَلِّيَ الْمَغْرِبَ. لَا بَأْسَ بِذَلِكَ »

« Il n’y a pas de mal à faire un seul ṭawāf après le ṣubḥ et après le ʿaṣr, sans dépasser une seule série de sept tours. On retarde les deux rakʿa jusqu’au lever du soleil, comme l’a fait ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, et après le ʿaṣr jusqu’au coucher du soleil. Quand le soleil s’est couché, on les prie si l’on veut, ou on les retarde jusqu’après la prière du maghrib. Il n’y a pas de mal à cela. » (al-Muwaṭṭaʾ, 1/369)

Ibn al-Jallāb (m. 378 H) reprend cette règle dans at-Tafrīʿ. À ces heures, on ne fait qu’une seule série de sept tours. Il est déconseillé (makrūh) d’enchaîner plusieurs ṭawāfs pour prier ensuite toutes leurs rakʿa en une fois (at-Tafrīʿ, 1/224). Quand on retarde les rakʿa au maghrib, Khalīl ibn Isḥāq (m. 776 H) recommande de les prier après la prière du maghrib et avant ses prières surérogatoires.

Note. ʿIllīsh (m. 1299 H) déduit de ce chapitre que le ṭawāf, même obligatoire, est déconseillé après le ṣubḥ et le ʿaṣr comme la prière surérogatoire (Minaḥ al-jalīl, 2/272). Le texte de Mālik permet expressément un ṭawāf à ces heures, et c’est lui que nous suivons. Le ṭawāf est donc permis aussi pour le groupe qui arrive à l’aube et ne peut aller au Ḥaram qu’à l’heure du ʿaṣr.

En pratique

  • Après le ṣubḥ ou le ʿaṣr, faites un seul ṭawāf si vous voulez, et priez les deux rakʿa après le lever du soleil, ou après le maghrib avant ses surérogatoires.
  • Les deux rakʿa du ṭawāf restent dues, même retardées (voyez la réponse #289).

Allah sait mieux.

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