As-salāmu ʿalaykum, pendant ma Omra, je pensais que les deux unités de prière après le ṭawāf étaient surérogatoires, et j’ai prié à la place un rattrapage du ṣubḥ. Que dois-je faire ?
Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.
Résumé de la réponse
Dans l’école mālikite, les deux rakʿa qui suivent un ṭawāf obligatoire sont obligatoires selon l’avis retenu, et une prière obligatoire ne les remplace pas. Celui qui les a omises les prie dès qu’il s’en souvient. S’il a perdu ses ablutions entre-temps et se trouve encore à Makkah, il refait le ṭawāf, les deux rakʿa et le saʿy, sans rien devoir. S’il est rentré chez lui ou s’est éloigné de Makkah, il les prie là où il est et doit un sacrifice.
Pour l’heure où on les prie après un ṭawāf fait après le ṣubḥ ou le ʿaṣr, voyez la réponse #288.
Détail de la réponse
Les deux rakʿa du ṭawāf
Khalīl ibn Isḥāq (m. 776 H) rapporte dans son Mukhtaṣar une hésitation de l’école entre leur caractère obligatoire et leur caractère de sunna. Ad-Dardīr (m. 1201 H) précise :
« الْمَشْهُورُ وُجُوبُهُمَا فِي الْوَاجِبِ »
« L’avis retenu est qu’elles sont obligatoires après le ṭawāf obligatoire. » (ash-Sharḥ al-kabīr, 2/42)
Elles ne se remplacent pas par une autre prière. Ibn al-Qāsim répond dans al-Mudawwana :
« قُلْت لِابْنِ الْقَاسِمِ: هَلْ تُجْزِئُ الْمَكْتُوبَةُ مِنْ رَكْعَتَيْ الطَّوَافِ فِي قَوْلِ مَالِكٍ؟ قَالَ: لَا »
« J’ai demandé à Ibn al-Qāsim : selon Mālik, la prière obligatoire tient-elle lieu des deux rakʿa du ṭawāf ? Il a répondu : non. » (al-Mudawwana, 1/426)
Le rattrapage du ṣubḥ que vous avez prié à leur place est donc une prière valable, mais les deux rakʿa du ṭawāf restent dues. Ibn al-Ḥājib (m. 646 H) donne la règle de celui qui les a oubliées :
« وَيُؤَخِّرُهُمَا إِلَى حِلِّ النَّافِلَةِ فَيُصَلِّيهُمَا أَنَّي كَانَ، وَلَوْ فِي الْحِلِّ وَكَذَلِكَ لَوْ نَسِيَهُمَا مَا لَمْ يَنْتَقِضْ وُضُوءُهُ، فَإِنِ انْتَقَضَ وُضُوءُهُ وَبَلَغَ بَلَدَهُ أَوْ تَبَاعَدَ مِنْ مَكَّةَ رَكَعَهُمَا وَأَهْدَى مُطْلَقاً وَطِئَ أَوْ لَمْ يَطَأْ، فَإِنْ لَمْ يَتَبَاعَدْ رَجَعَ فَطَافَ وَرَكَعَ وَسَعَى، فَإِنْ كَانَ مُعْتَمِراً فَلا شَيْءَ عَلَيْهِ إِلا أَنْ يَكُونَ قَدْ لَبِسَ أَوْ تَطَيَّبَ فَيَفْتَدِي »
« Il les retarde jusqu’à l’heure où la prière surérogatoire est permise et les prie où qu’il soit, même hors du territoire sacré. Il en va de même s’il les a oubliées, tant que ses ablutions ne sont pas rompues. Si ses ablutions sont rompues et qu’il a atteint son pays ou s’est éloigné de Makkah, il les prie et offre un sacrifice, qu’il ait eu des rapports ou non. S’il ne s’est pas éloigné, il revient, fait le ṭawāf, prie les deux rakʿa et fait le saʿy. S’il était en Omra, il ne doit rien, sauf s’il a porté des vêtements cousus ou du parfum, auquel cas il doit la fidya. » (Jāmiʿ al-ummahāt, p. 193)
Khalīl explique dans at-Tawḍīḥ que c’est le texte d’al-Mudawwana, et que le ṭawāf se refait parce que les deux rakʿa doivent lui être rattachées (at-Tawḍīḥ, 2/576). Le sacrifice ne s’impose donc pas d’emblée.
- Celui qui a encore ses ablutions prie les deux rakʿa dès qu’il s’en souvient, et c’est tout.
- Celui qui les a perdues et se trouve encore à Makkah ou à proximité refait le ṭawāf, prie les deux rakʿa, puis refait le saʿy. Il ne doit pas de sacrifice. S’il était en Omra et s’est déjà désacralisé, il doit la fidya, la compensation due pour un interdit de l’iḥrām, pour les vêtements cousus ou le parfum portés entre-temps.
- Celui qui est rentré dans son pays ou s’est éloigné de Makkah prie les deux rakʿa là où il est et envoie un sacrifice (hady), égorgé à Makkah. Il ne revient pas.
En pratique
- Si vous n’avez pas prié les deux rakʿa, priez-les dès maintenant si vous avez gardé vos ablutions. Sinon, à Makkah, refaites ṭawāf, deux rakʿa et saʿy ; rentré chez vous, priez-les et faites égorger un mouton à Makkah.
- Pour un cas qui se complique (rapports, départ de Makkah, Ḥajj et non Omra), demandez l’avis d’un mufti.
Allah sait mieux.