As-salāmu ʿalaykum, pendant notre Omra, le rez-de-chaussée était saturé et nous avons fait le ṭawāf au premier étage. Notre ṭawāf est-il valide ?
Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.
Résumé de la réponse
Les anciens mālikites n’ont pas de texte sur le ṭawāf à l’étage. L’école valide le ṭawāf fait sous les galeries de la mosquée quand la foule l’impose et demande de le refaire, tant qu’on est à Makkah, quand on y est allé sans nécessité. Nous appliquons cette règle aux étages : le ṭawāf fait à l’étage à cause de la foule est valide.
Pour le ṭawāf après le ṣubḥ ou le ʿaṣr, voyez la réponse #288. Pour les deux rakʿa du ṭawāf, voyez la réponse #289. Pour le doute sur les ablutions pendant le ṭawāf, voyez la réponse #290.
Détail de la réponse
Le ṭawāf à l’étage
Le ṭawāf doit se faire à l’intérieur de la Mosquée sacrée. Les anciens ont traité le cas de celui qui tourne à distance de la Kaʿba, sous les galeries couvertes de la mosquée (saqāʾif). Voici le texte de Khalīl ibn Isḥāq (m. 776 H), entre parenthèses, avec le commentaire d’al-Ḥaṭṭāb (m. 954 H) :
« (وَجَازَ بِسَقَائِفَ لِزَحْمَةٍ، وَإِلَّا عَادَ، وَلَمْ يَرْجِعْ لَهُ، وَلَا دَمَ) يَعْنِي أَنَّ مَنْ طَافَ فِي سَقَائِفِ الْمَسْجِدِ لِزِحَامٍ، فَإِنَّ طَوَافَهُ جَائِزٌ […] وَإِنْ طَافَ فِي السَّقَائِفِ لَا لِزِحَامٍ بَلْ لِحَرٍّ أَوْ مَطَرٍ أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ، فَإِنَّهُ لَا يُجْزِئُهُ وَيُعِيدُ طَوَافَهُ مَا دَامَ بِمَكَّةَ، فَإِنْ رَجَعَ إلَى بَلَدِهِ لَمْ يَرْجِعْ لِأَجْلِ الطَّوَافِ »
« (Il est permis sous les galeries à cause de la foule ; sinon il le refait, ne revient pas pour lui, et ne doit pas de sacrifice.) Celui qui fait le ṭawāf sous les galeries de la mosquée à cause de la foule, son ṭawāf est valable […]. S’il le fait sous les galeries sans foule, à cause de la chaleur, de la pluie ou d’une raison semblable, cela ne lui suffit pas, et il refait son ṭawāf tant qu’il est à Makkah. S’il est rentré dans son pays, il ne revient pas pour ce ṭawāf. » (Mawāhib al-jalīl, 3/80)
Al-Ḥaṭṭāb rapporte au même endroit deux avis plus stricts. Ashhab refusait le ṭawāf sous les galeries même en cas de foule. D’autres mālikites imposent un sacrifice à celui qui est rentré chez lui sans l’avoir refait.
Le ṭawāf sur le toit de la mosquée est-il valide ? Al-Ḥaṭṭāb est le seul mālikite que nous ayons trouvé à en parler. Il l’assimile au ṭawāf fait hors de la mosquée, et précise qu’il ne l’a vu écrit nulle part. Il note aussi que les shāfiʿites et les ḥanafites le permettent (Mawāhib al-jalīl, 3/75 ; le passage est cité en entier à l’article #225). De son côté, al-Qarāfī (m. 684 H) pose que l’espace au-dessus de la mosquée a le statut de la mosquée (al-Furūq, 4/15, cité aussi au #225).
Les étages actuels du Ḥaram font partie de la mosquée, et on y tourne autour de la Kaʿba quand le rez-de-chaussée est plein. Nous les rattachons donc au cas des galeries. Le ṭawāf qu’on y fait à cause de la foule est valide. Celui qui y monte sans nécessité, alors que la cour (maṭāf) est accessible, refait son ṭawāf tant qu’il est à Makkah.
Note. Dār al-Iftāʾ d’Égypte juge valide le ṭawāf aux deuxième et troisième étages, même plus haut que le toit de la Kaʿba, et l’attribue aux ḥanafites, aux shāfiʿites et aux ḥanbalites (fatwa n° 7701, 2023).
En pratique
- Tournez au rez-de-chaussée quand c’est possible. Si la foule vous en empêche, l’étage est valide. Si vous êtes monté sans nécessité, refaites votre ṭawāf tant que vous êtes à Makkah.
- Pour l’heure du ṭawāf, les deux rakʿa et le doute sur les ablutions, voyez les réponses #288, #289 et #290.
Allah sait mieux.