Question n° 293 · Décès et funérailles

Faut-il enterrer le musulman dans un carré musulman ?

Réponse selon l'école mālikite · Lecture : 3 min

As-salāmu ʿalaykum, mon père vient de décéder en France. Doit-il obligatoirement être enterré dans un carré musulman ?

Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.

Résumé de la réponse

Dans l’école mālikite, le musulman est enterré parmi les musulmans. On ne l’enterre au milieu des tombes des non-musulmans qu’en cas de nécessité.

Un carré musulman clairement distinct du reste du cimetière répond à cette exigence. Une clôture, une haie ou une allée qui le sépare nettement des autres tombes suffisent. Un mur ou une séparation plus marquée sont préférables quand on peut les obtenir. La famille cherche aussi une tombe qui ne sera pas reprise tant que restent les ossements.

Pour ce qu’on peut écrire ou poser sur la tombe, voyez la réponse #204.

Détail de la réponse

Enterrer le musulman parmi les musulmans

Les musulmans ont toujours eu leurs propres cimetières. L’école en tire plusieurs règles. Khalīl ibn Isḥāq (m. 776 H), dont le Mukhtaṣar est le texte de référence de l’école, dit que le musulman décédé n’est pas laissé à son proche non musulman pour ses funérailles, et ʿIllīsh (m. 1299 H) en donne la raison :

« (وَلَا يُتْرَكُ) مَيِّتٌ (مُسْلِمٌ لِوَلِيِّهِ الْكَافِرِ) فِيمَا يَتَعَلَّقُ بِتَجْهِيزِهِ إذْ لَا يُؤْمَنُ عَلَيْهِ مِنْ عَدَمِ تَغْسِيلِهِ وَتَكْفِينِهِ وَدَفْنِهِ فِي مَقْبَرَةِ الْكُفَّارِ وَاسْتِقْبَالِهِ قِبْلَتَهُمْ »

« Le musulman décédé n’est pas laissé à son proche non musulman pour ce qui concerne ses funérailles, car on ne serait pas sûr qu’il ne le laisse pas sans lavage ni linceul, qu’il ne l’enterre pas dans le cimetière des mécréants et ne l’oriente pas vers leur direction de prière. » (Minaḥ al-jalīl, 1/534)

Le même chapitre règle le cas inverse. La femme non musulmane enceinte d’un musulman est enterrée par les gens de sa religion « بِمَقْبَرَتِهِمْ », « dans leur cimetière » (Mukhtaṣar, p. 52). Une transmission la faisait enterrer en bordure du cimetière des musulmans. Ibn ʿArafa l’a qualifiée d’erreur, comme le rapporte al-Mawwāq (at-Tāj wa-l-iklīl, 3/77). Chaque communauté a donc son lieu d’inhumation, et l’on n’enterre pas un musulman au milieu des tombes des non-musulmans, sauf nécessité.

Le carré musulman d’un cimetière communal répond à cette exigence s’il forme un espace reconnaissable, réservé aux musulmans. Les textes de l’école ne fixent pas de mur ou de distance. Ce qui compte, c’est qu’en entrant on distingue clairement l’endroit où reposent les musulmans. Une clôture, une haie ou une allée qui le sépare nettement des autres tombes suffisent. Un mur ou une séparation plus marquée sont préférables quand on peut les obtenir. Les tombes y sont orientées vers la qibla.

Khalīl rappelle aussi que la tombe est réservée au défunt : « وَالْقَبْرُ حَبْسٌ لَا يُمْشَى عَلَيْهِ وَلَا يُنْبَشُ ما دام به », « la tombe est un bien immobilisé ; on ne marche pas dessus et on ne la rouvre pas tant qu’il s’y trouve » (Mukhtaṣar, p. 52). Quand la famille choisit l’emplacement, elle cherche donc une tombe qui ne sera pas reprise tant que restent les ossements.

En pratique

  • Faites enterrer votre proche dans un carré musulman nettement séparé, ou dans un cimetière musulman.
  • Choisissez si possible un emplacement qui ne sera pas repris tant que restent les ossements.
  • Pour marquer la tombe, voyez la réponse #204 ; pour l’invocation et la visite, nos réponses #104 et #105.

Allah sait mieux.

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