Méthode d’étude

Que signifient matn, sharḥ et ḥāshiya dans les livres de science islamique ?

Sommaire
  1. Le matn (المتن)
  2. Le sharḥ (الشرح), le commentaire
  3. La ḥāshiya (الحاشية), la glose
  4. Un exemple dans le fiqh mālikite
  5. Questions fréquentes
  6. Pour aller plus loin

Matn, sharḥ, ḥāshiya : trois mots qui reviennent sans cesse dans les livres, les cours et les exhortations des savants. Que veulent-ils dire, d’où viennent-ils, et comment s’emboîtent-ils dans un même ouvrage ?

Dans l’étude des sciences religieuses, certains termes reviennent très fréquemment dans les ouvrages, les explications des savants, les cours ou les exhortations. Parmi eux, on retrouve notamment ces trois termes importants : al-matn, al-sharḥ et al-ḥāshiya. Il est donc utile de s’y arrêter pour en comprendre le sens précis, car cela permet de mieux saisir la manière dont les livres sont construits et comment le savoir y est transmis.

Le matn (المتن)

Son origine renvoie au dos (adh-dhahr), à la terre dure (al-arḍ aṣ-ṣulba), et à l’œuf du chevreau (bayḍat al-jady). On a donc comparé le texte expliqué et commenté (al-mashrūḥ) au dos sur lequel on porte des choses, car le commentaire est comme porté dessus ; ou à la terre dure en raison de sa difficulté ; ou encore à l’œuf dont on fend la peau pour le faire apparaître.

Le sharḥ (الشرح), le commentaire

Ce terme désigne l’explication et le commentaire que le savant va faire à partir du matn. On a appelé le commentaire sharḥ (شرح) parce qu’il est plus étendu que lui, et l’expression sharḥ al-ṣadr signifie littéralement en arabe l’élargissement de la poitrine, qui est d’ailleurs repris dans le premier verset de sourate ash-Sharḥ (94:1) :

أَلَمْ نَشْرَحْ لَكَ صَدْرَكَ

La ḥāshiya (الحاشية), la glose

Ce terme est souvent traduit par la glose, qui se définit comme étant une « note en marge ou au bas d’un texte, pour expliquer un mot difficile, éclaircir un passage obscur ». En arabe, littéralement, la ḥāshiya désigne pour toute chose son côté (jānibuhu) et son bord (ṭarafuhu). À l’origine, cela désigne les marges du livre (aṭrāf al-kitāb). Puis ce terme en est venu à désigner ce qui y est écrit comme annotations que le savant, transcripteur ou lecteur aurait pu faire sur les passages du livre, ainsi que ce qui en est extrait sous forme de propos. Puis cela a désigné ce qui est consigné de manière indépendante tout en restant lié au texte, jusqu’à devenir ainsi une sorte de « commentaire du commentaire ».

On l’appelle également taʿlīqa (تعليقة).

Un exemple dans le fiqh mālikite

Si l’on prend le livre de la ḥāshiya d’al-ʿAdawī sur le sharḥ de Kifāyat at-Ṭālib ar-Rabbānī sur la Risāla d’Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī :

  • Le matn (المتن) ici, c’est la Risāla d’Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī, l’ouvrage fondamental bien connu du fiqh mālikite.
  • Le sharḥ (الشرح) ici, c’est Kifāyat aṭ-Ṭālib ar-Rabbānī, un commentaire de la Risāla, rédigé par Abū al-Ḥasan al-Munūfī.
  • La ḥāshiya (الحاشية) : ce sont les annotations de l’imām Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Aḥmad ibn Makram aṣ-Ṣaʿīdī al-ʿAdawī, qui commente le sharḥ de Kifāyat aṭ-Ṭālib.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un matn et un sharḥ ?

Le matn est le texte de base expliqué ; le sharḥ est le commentaire que le savant en fait, plus étendu que lui.

Qu’est-ce qu’une ḥāshiya ?

C’est la glose : à l’origine les notes dans les marges d’un livre, devenue une sorte de « commentaire du commentaire ». On l’appelle aussi taʿlīqa.

Pour aller plus loin

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