Question n° 290 · Omra et Ḥajj

Doute sur les ablutions pendant le ṭawāf : faut-il le refaire ?

Réponse selon l'école mālikite · Lecture : 4 min

As-salāmu ʿalaykum, pendant le ṭawāf de ma Omra, j’ai eu un doute sur une goutte de madhy, puis j’ai trouvé une trace sur mon vêtement après le saʿy. Mon ṭawāf est-il valide, et que dois-je faire ?

Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.

Résumé de la réponse

En cas de doute sur une perte des ablutions pendant le ṭawāf, on le termine. Si l’on se rend compte ensuite qu’on était pur, le ṭawāf est valide. Si l’on acquiert la certitude ou la forte présomption de l’avoir perdue, ou si le doute demeure, on refait le ṭawāf et le saʿy, sauf pour la personne sujette au doute chronique. Une trace trouvée sur le vêtement après le saʿy ne prouve pas à elle seule que les ablutions ont été rompues pendant le ṭawāf, car on ne sait pas quand elle est apparue.

La ʿawra doit être couverte pendant le ṭawāf comme dans la prière.

Pour les deux rakʿa du ṭawāf, voyez la réponse #289.

Détail de la réponse

Le doute sur les ablutions pendant le ṭawāf

Le ṭawāf exige la pureté rituelle et la propreté du corps et des vêtements, comme la prière. Ad-Dardīr (m. 1201 H) dit de la pureté :

« فَإِنْ شَكَّ فِي الْأَثْنَاءِ، ثُمَّ بَانَ الطُّهْرُ لَمْ يُعِدْ كَمَا فِي الصَّلَاةِ »

« S’il doute au cours [du ṭawāf], puis qu’il apparaît qu’il était pur, il ne le refait pas, comme dans la prière. » (ash-Sharḥ al-kabīr, 2/31)

Celui qui doute continue donc son ṭawāf. Ensuite :

  • S’il se rend compte avec certitude ou forte présomption qu’il n’a rien perdu, son ṭawāf est valide.
  • S’il acquiert la certitude ou la forte présomption que le madhy est sorti pendant le ṭawāf, celui-ci est nul. Ad-Dasūqī (m. 1230 H) précise dans sa glose que la perte des ablutions survenue après le ṭawāf et avant les deux rakʿa l’annule aussi, car elles en sont comme une partie (Ḥāshiya, 2/31).
  • Si le doute demeure, la règle de l’école s’applique. Khalīl ibn Isḥāq (m. 776 H) compte parmi ce qui rompt les ablutions « وَبِشَكٍّ فِي حَدَثٍ بَعْدَ طُهْرٍ عُلِمَ إلَّا الْمُسْتَنْكِحَ » « le doute sur une perte des ablutions après une pureté certaine, sauf pour celui qui est sujet au doute chronique » (Mukhtaṣar, p. 22). Il refait alors son ṭawāf.

La personne sujette au doute chronique (mustankiḥ), qui doute presque à chaque ablution, n’en tient pas compte et ne refait rien tant qu’elle n’a pas la certitude d’avoir perdu ses ablutions.

Le saʿy doit suivre un ṭawāf valide. Celui dont le ṭawāf de la Omra est nul refait donc le ṭawāf, les deux rakʿa et le saʿy. Mālik dit de celui qui a fait le ṭawāf de sa Omra sans ablutions et ne s’en aperçoit qu’après s’être désacralisé :

« يَرْجِعُ حَرَامًا كَمَا كَانَ وَيَطُوفُ بِالْبَيْتِ، وَهُوَ كَمَنْ لَمْ يَطُفْ، وَإِنْ كَانَ قَدْ حَلَقَ بَعْدَمَا طَافَ لِعُمْرَتِهِ عَلَى غَيْرِ وُضُوءٍ فَعَلَيْهِ أَنْ يَنْسُكَ أَوْ يَصُومَ أَوْ يُطْعِمَ »

« Il redevient en état de sacralisation comme il l’était et fait le ṭawāf, car il est comme celui qui ne l’a pas fait. S’il s’est rasé après ce ṭawāf de sa Omra fait sans ablutions, il doit offrir une bête, jeûner ou nourrir des pauvres. » (al-Mudawwana, 1/423)

Il remet donc ses vêtements d’iḥrām, refait le ṭawāf, les deux rakʿa et le saʿy, puis se rase ou se coupe les cheveux de nouveau. Il doit la fidya pour le premier rasage.

S’il a eu des rapports conjugaux entre-temps, sa Omra est gâtée. Il la termine, la refait ensuite et offre un sacrifice. Ibn Yūnus rapporte cette règle d’Ibn al-Mawwāz (al-Jāmiʿ, 4/500).

Une trace trouvée sur le vêtement après le saʿy ne prouve pas à elle seule que les ablutions ont été rompues pendant le ṭawāf, car on ne sait pas quand elle est apparue. Si elle peut dater d’avant les ablutions faites pour le ṭawāf, elle ne concerne que la propreté du vêtement. Ibn al-Qāsim traite ce cas. Celui qui a fait le ṭawāf avec un vêtement impur sans le savoir, et ne s’en aperçoit qu’à la fin, retire ce vêtement et prie les deux rakʿa dans un vêtement propre. Il ne doit rien (Ibn Yūnus, al-Jāmiʿ, 4/499).

La ʿawra pendant le ṭawāf

La troisième condition du ṭawāf est de couvrir la ʿawra comme dans la prière. Prenons le cas de la femme dont les extrémités se découvrent pendant le ṭawāf. Selon ad-Dasūqī, l’apparent de l’école est que son ṭawāf est valide. Il rapporte deux avis sur le fait de le refaire par simple recommandation (Ḥāshiya, 2/31).

La règle suit donc celle de la prière. Ce qui oblige à refaire la prière, comme la ʿawra « lourde » découverte, annule aussi le ṭawāf, qui se recommence. Ce qui ne rend la prière que recommandée à refaire n’annule pas le ṭawāf. On se couvre aussitôt et l’on continue.

En pratique

  • En cas de doute pendant le ṭawāf, terminez-le. Si le doute se dissipe en faveur de la pureté, il n’y a rien à faire. Sinon, refaites ṭawāf, deux rakʿa et saʿy, sauf si vous êtes sujet au doute chronique.
  • Pour un cas qui se complique (rapports, départ de Makkah, Ḥajj et non Omra), demandez l’avis d’un mufti.

Allah sait mieux.

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