Méthode d’étude

Les quatre clés du savoir selon Aḥmad Zarrūq

Sommaire
  1. Le propos de Zarrūq
  2. Commentaire
  3. Questions fréquentes
  4. Pour aller plus loin

Quels sont les outils pour acquérir la science, et comment l’étudiant doit-il se situer entre lui-même et les sciences ? Un propos concis de Sīdī Aḥmad Zarrūq donne quatre instruments et trois rapports possibles au savoir, dont un seul est sain.

Le propos de Zarrūq

Sīdi Aḥmad Zarrūq (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit :

« Les instruments pour acquérir la science sont au nombre de quatre : une raison prépondérante, un maître éclairant, des livres fiables, et la persévérance avec insistance.

En effet, si les sciences ne proviennent pas à la fois de vous et d’elles, vous en serez éloigné. Si cela vient de vous sans elles, cela mène à l’ignorance et à l’égarement ; si cela vient d’elles sans vous, cela mène à la rigidité et à l’imitation aveugle ; et si cela vient de vous et d’elles ensemble, cela conduit à la réalisation et à la justesse.

C’est pourquoi il a été dit : « Arrête-toi là où ils se sont arrêtés, puis explique, puis approfondis. »

Celui qui reconnaît la vérité à travers les hommes est au comble de l’ignorance et de l’égarement. Connais la vérité, tu reconnaîtras ses gens. »

Commentaire

Ce propos du Shaykh Zarrūq est merveilleux dans les leçons qu’il comporte malgré sa concision. En effet, il développe tout d’abord les outils pour obtenir la science, puis il traite des trois relations de l’individu avec la science, dont deux sont néfastes, la seule saine étant la troisième.

Les quatre outils

La raison prépondérante : c’est l’outil « interne » : sans une capacité de discernement et une intelligence travaillée et développée, l’accumulation de savoir est vaine.

Le maître éclairant : l’enseignant qui sert de guide dans les obscurités du savoir. Il incarne la transmission vivante et évite les contresens que l’on fait seul face à un texte. Il est vital dans l’acquisition du savoir, au point où les pieux prédécesseurs mettaient en garde contre celui qui prend la science directement des livres.

Les livres fiables : la base didactique, ce qui va servir de « support » à l’étude. Ils représentent la conservation intemporelle du savoir et le réceptacle à partir duquel il est récolté. Ce sont des trésors dont il faut avoir les clés pour les ouvrir.

La persévérance : la dimension morale et temporelle, parce que la science ne s’obtient pas par une illumination soudaine, c’est le fruit d’un effort acharné et constant, de mémorisation, de lecture, de relecture, de compréhension, d’étude, de comparaison avec toutes les autres références, de révision, d’analyse…

Les trois relations avec la science

La première relation est le subjectivisme pur (soi sans les sciences) qui conduit à l’ignorance et l’égarement (jahl wa ḍalāl). C’est l’erreur de celui qui croit réinventer le monde sans s’appuyer sur l’héritage qui a été développé avant lui : il affabule, invente et finit par s’égarer et égarer autrui.

L’objectivisme rigide (les sciences sans soi) : cela conduit à l’imitation aveugle (jumūd wa taqlīd). C’est le savoir du perroquet qui répète des formules sans les comprendre ni les assimiler.

La synthèse (l’union des deux) : c’est ce que l’auteur appelle la réalisation (taḥqīq) et la justesse (ṣawāb).

Questions fréquentes

Quels sont les quatre outils pour acquérir la science selon Zarrūq ?

Une raison prépondérante, un maître éclairant, des livres fiables, et la persévérance avec insistance.

Pourquoi un maître est-il nécessaire ?

Il incarne la transmission vivante et évite les contresens que l’on fait seul face à un texte.

Pour aller plus loin

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