Question n° 295 · Décès et funérailles

Le linceul peut-il être cousu ?

Réponse selon l'école mālikite · Lecture : 3 min

As-salāmu ʿalaykum, je prépare le linceul de mon père, et l’on m’a dit qu’un linceul ne doit comporter aucune couture. Peut-on l’ensevelir dans une chemise cousue, ou dans un vêtement qu’il portait ?

Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.

Résumé de la réponse

Dans l’école mālikite, les pièces qui enveloppent le corps ne sont pas cousues. On les noue à la tête et aux pieds, et l’on dénoue les nœuds dans la tombe. La chemise du défunt, elle, peut avoir des coutures et des manches, et l’on peut l’ensevelir dans un vêtement qu’il portait, avec ses coutures. Un linceul acheté tout prêt convient aussi.

Pour le lavage du défunt, voyez les réponses #205 et #294.

Détail de la réponse

Le linceul et les coutures

Khalīl ibn Isḥāq (m. 776 H) dit dans son Mukhtaṣar que le défunt est enseveli de préférence dans le vêtement qu’il portait pour la prière du vendredi (« وَكُفِّنَ بِمَلْبُوسِهِ لِجُمُعَةٍ »). Al-Mawwāq (m. 897 H) cite à ce sujet Ibn Ḥabīb :

« وَيُسْتَحَبُّ إيصَاؤُهُ أَنْ يُكَفَّنَ فِي ثِيَابِ جُمُعَتِهِ وَإِحْرَامِ حَجِّهِ رَجَاءَ بَرَكَةِ ذَلِكَ. وَقَدْ أَوْصَى سَعْدُ بْنُ أَبِي وَقَّاصٍ أَنْ يُكَفَّنَ فِي جُبَّةَ صُوفٍ شَهِدَ بِهَا بَدْرًا »

« Il est recommandé qu’il demande par testament à être enseveli dans ses vêtements du vendredi et ceux de son iḥrām du pèlerinage, dans l’espoir de leur bénédiction. Saʿd ibn Abī Waqqāṣ a demandé à être enseveli dans une tunique de laine avec laquelle il avait combattu à Badr. » (at-Tāj wa-l-iklīl, 3/20)

Le Prophète ﷺ lui-même donna son pagne pour ensevelir sa fille. Umm ʿAṭiyya rapporte qu’une fois la toilette terminée, « فَأَعْطَانَا حِقْوَهُ، فَقَالَ: أَشْعِرْنَهَا إِيَّاهُ », « il nous donna son pagne et dit : “Mettez-le-lui à même le corps” » (al-Bukhārī, n° 1195). Un vêtement porté de son vivant a ses coutures, et l’école ne demande pas de les défaire.

Pour les grandes pièces qui enveloppent le corps (al-lafāʾif), al-ʿAdawī (m. 1189 H) rapporte, d’après Ibn ʿAbd al-Barr :

« وَلَا تُخَاطُ لَفَائِفُهُ إجْمَاعًا أَيْ: خِلَافًا لِابْنِ شَعْبَانَ أَشْهَبُ يُشَدُّ الْكَفَنُ مِنْ عِنْدِ رَأْسِهِ وَرِجْلَيْهِ ثُمَّ يُحَلُّ ذَلِكَ فِي الْقَبْرِ، وَإِنْ تُرِكَ عُقَدُهُ فَلَا بَأْسَ مَا لَمْ تَنْتَشِرْ أَكْفَانُهُ »

« Ses pièces d’enveloppement ne sont pas cousues, par consensus, Ibn Shaʿbān excepté. Ashhab dit qu’on noue le linceul au niveau de la tête et des pieds, puis qu’on dénoue cela dans la tombe ; si l’on en laisse les nœuds, il n’y a pas de mal, tant que les pièces ne s’ouvrent pas. » (Ḥāshiyat al-ʿAdawī ʿalā al-Kharashī, 2/127)

Le « consensus » d’Ibn ʿAbd al-Barr porte donc sur le fait de coudre les pièces d’enveloppement pour les fermer. On les noue à la place.

La chemise (qamīṣ) est une autre pièce. Faut-il la coudre et lui faire des manches ? Al-ʿAdawī pose la question à la même page et répond : « وَالظَّاهِرُ الْأَوَّلُ لِأَنَّهُ مَحَلُّ السُّنَّةِ », « le plus apparent est qu’on le fait, car c’est là que se trouve la Sunna » (Ḥāshiyat al-ʿAdawī, 2/127).

L’usage répandu de chemises sans manches ni coutures est donc permis, sans être une condition. Un linceul acheté tout prêt, une chemise cousue ou le vêtement du vendredi du défunt conviennent. Ce qu’on évite, c’est de fermer les pièces d’enveloppement par une couture.

En pratique

  • Les pièces d’enveloppement sont nouées à la tête et aux pieds, pas cousues, et l’on dénoue les nœuds dans la tombe.
  • La chemise peut avoir des coutures et des manches, et l’on peut ensevelir le défunt dans un vêtement qu’il portait.
  • Pour la prière mortuaire, voyez notre réponse #122.

Allah sait mieux.

Toutes les questions-réponses

Renoncer au contrat ici · exercer votre droit de rétractation en ligne · Conditions générales de vente