As-salāmu ʿalaykum, nous aimerions appeler notre fils Kanʿān, mais on nous a dit que c’était le nom du fils de Nūḥ, qui était mécréant. Pouvons-nous lui donner ce nom ?
Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.
Résumé de la réponse
Un nom porté autrefois par un mécréant, comme Kanʿān, n’est pas réprouvé pour cette seule raison. Les noms se jugent par leur sens. Kanʿān est donc permis, et un nom de prophète ou de Compagnon reste un meilleur choix (voir la réponse #216).
Détail de la réponse
Le nom du fils de Nūḥ
Les commentateurs divergent sur le nom du fils de Nūḥ. Al-Qurṭubī (m. 671 H), mālikite de Cordoue, écrit :
« قِيلَ: كَانَ كَافِرًا وَاسْمُهُ كَنْعَانُ. وَقِيلَ: يَامٌ »
« On dit qu’il était mécréant et qu’il s’appelait Kanʿān ; on dit aussi Yām. » (al-Jāmiʿ li-aḥkām al-Qurʾān, 9/38)
Les noms se jugent par leur sens
Les textes de l’école réprouvent les noms pour des raisons précises : un sens laid (ʿĀṣiya, « la désobéissante »), l’éloge de soi (Barra, « la pieuse »), le mauvais présage, le respect dû aux noms des anges (voir les réponses #216 et #307).
Un nom ne devient pas réprouvé parce qu’un mécréant l’a porté. Les noms se jugent par leur sens et par ces raisons. Le Prophète ﷺ a d’ailleurs laissé à des Compagnons des noms portés avant l’islam, y compris des noms qu’il n’aimait pas, comme le rapporte Abū al-Walīd al-Bājī (m. 474 H) (« وَلِذَلِكَ أَقَرَّ حَرْبًا وَمُرَّةَ عَلَى أَسْمَائِهِمَا », al-Muntaqā, 7/296). Kanʿān est donc permis. Un nom de prophète ou de Compagnon reste un meilleur choix.
En pratique
- Un nom porté par un mécréant de l’histoire, comme Kanʿān, est permis si son sens est correct.
- Un nom de prophète ou de Compagnon reste préférable.
Allah sait mieux.