As-salāmu ʿalaykum, je cherche à me marier et j’envisage de m’abonner à un site matrimonial payant. On m’a dit que payer pour trouver une épouse était interdit. Est-ce vrai ?
Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatuLlāhi wa barakātuh.
Résumé de la réponse
Payer un intermédiaire ou un site dont l’objet est le mariage est permis. Les mālikites ont discuté de la récompense promise à celui qui présente une épouse, et Ibn Rushd retient qu’elle est due. Un abonnement à un site matrimonial est le prix d’un service licite. Le site doit avoir pour objet le mariage, et les échanges restent dans le cadre de la réponse #63.
La rencontre avec la prétendante et sa description sont traitées dans la réponse #179.
Détail de la réponse
La récompense de celui qui présente une épouse
Ibn Rushd al-Jadd (m. 520 H), juge de Cordoue, traite de celui qui dit « montre-moi une femme à épouser et tu auras telle somme » :
« وكذلك اختلف أيضا في الرجل يقول: دلني على امرأة أتزوجها ولك كذا وكذا، أو دلني على من يشتري مني جاريتي ولك كذا وكذا فدل عليه، فقيل إن ذلك يلزمه في النكاح والبيع، وهو قول سحنون وأصبغ. وقيل إنه يلزمه في البيع ولا يلزمه في النكاح […] ولا فرق في شيء من ذلك بين البيع والنكاح، وقول سحنون وأصبغ أظهر »
« On a divergé sur l’homme qui dit « indique-moi une femme à épouser et tu auras telle somme », ou « indique-moi un acheteur pour ma servante et tu auras telle somme », et qui reçoit l’indication. On a dit qu’il doit la somme dans le mariage comme dans la vente, et c’est l’avis de Saḥnūn et d’Aṣbagh. On a dit qu’il la doit dans la vente et non dans le mariage […]. Il n’y a aucune différence en cela entre la vente et le mariage, et l’avis de Saḥnūn et d’Aṣbagh est le plus évident. » (al-Muqaddimāt al-mumahhadāt, 3/59)
La divergence porte sur le caractère obligatoire de la somme, et Ibn Rushd retient qu’elle est due. Rémunérer une personne qui met en relation en vue du mariage est donc permis. Un abonnement à un site matrimonial est le prix d’un service licite.
Les conditions
Les conditions tiennent à l’objet du site et à l’usage qu’on en fait :
- le site a pour objet le mariage, et l’on s’y inscrit avec l’intention de se marier ; une application de rencontres dont l’objet est la relation hors mariage n’entre pas dans cette permission ;
- les échanges suivent les règles de la réponse #63, et l’on passe le plus tôt possible par la famille ou un intermédiaire ;
- la femme ne publie pas sa photo pour tous ; elle la transmet au prétendant sérieux, comme l’école permet au prétendant de voir le visage de la femme avec son accord (voir la réponse #179).
En pratique
- Un site ou un intermédiaire matrimonial payant est permis, s’il sert le mariage et que les échanges restent encadrés.
- Pour la rencontre avec la personne, en présence d’un tiers de confiance, voir la réponse #179.
Allah sait mieux.